« La Défonce (François Morellet) » : différence entre les versions

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|description=En 1991, les réserves du Fonds national d’art contemporain sont installées en sous-sol au coeur de La Défense dans un bâtiment construit par l’agence AUM des architectes Maxime Ketoff et Marie Petit. À l’occasion de la construction du bâtiment, François Morellet, représentant majeur de l’abstraction géométrique et ancien membre du G.R.A.V., est sollicité pour une intervention artistique. Sur l’esplanade s’élève la partie visible du bâtiment : cet espace tout en transparence est traversé dans sa hauteur par son oeuvre, intitulée  joyeusement "La Défonce". L’artiste a imaginé une structure parallélépipédique faite d’un jeu de poutres métalliques qui enserrent le bâtiment. Déduite de son architecture, elle est en décalage par rapport à elle et paraît s’enfoncer dans le sol dans un «naufrage» architectural, dont le ton irrévérencieux contraste fortement avec l’image généralement associée au quartier d’affaire qui l’accueille.
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Version du 9 août 2017 à 16:21

Notice+

La Défonce est une sculpture permettant d’identifier le bâtiment du Centre national des arts plastiques (Cnap), qui abrite les collections du Fonds national d’art contemporain (Fnac), sur l’esplanade de La Défense. Commandée en 1990 à François Morellet dans le cadre du 1% artistique, elle s’inscrit dans la série que l’artiste appelle ses « désintégrations architecturales », qui ne cherchent pas « à accompagner ou à magnifier l’architecture, mais à entrer plus ou moins discrètement en conflit avec elle »(1).

La sculpture, réalisée en métal peint en gris, reprend les arêtes du bâtiment de Maxime Ketoff et de Marie Petit, dont la forme parallélépipédique émergeant de l’esplanade constitue l’entrée des vastes réserves du Cnap. François Morellet a décalé ses arêtes, puis les a fait basculer de telle manière qu’elles semblent s’enfoncer dans le sol. Les baies vitrées du bâtiment permettent d’apercevoir une des poutres qui le traverse de part en part, asseyant la crédibilité de cette impression.

Bien que François Morellet se revendique de l’art concret et ait participé à la fondation du GRAV (Groupe de recherche d’art visuel), les moyens qu’il choisit ici sont proches de ceux de l’art minimal : forme géométrique et matériaux industriels. Cependant, l’artiste introduit une subjectivité, un humour et un sens de la tragédie qui lui sont propres. Avec La Défonce, il met en place une structure qui évoque autant le naufrage que le vestige. Il brise volontairement l’axe « triomphaliste »(2) reliant la Pyramide du Louvre à la Grande Arche de La Défense. De plus, il instaure, avec irrévérence, un dialogue avec l’architecture solennelle de l’ensemble du centre d’affaires, qui se trouve être également le plus vaste parc de sculpture contemporaine de France.
Le décalage est un des éléments constitutifs de l’œuvre de François Morellet, présent aussi bien dans ses installations (Géométreedimensions no 1, 1986-1987, Otterlo, Kröller-Müller Museum) que dans ses toiles (par exemple, Relâche no 6, 1992, Berne, Kunstmuseum). Il le reprend ici à une échelle monumentale. Décalage esthétique, décalage sémantique : le nom retenu pour cette œuvre in situ, La Défonce, indissociable de sa réalisation plastique, témoigne du goût de l’artiste pour les jeux de mots subversifs et l’ironie mordante.

François Morellet a été sollicité pour plusieurs autres commandes en lien avec l’architecture ou l’environnement, notamment Le Naufrage de Malévitch, au domaine de Kerguéhennec (1989-1990), ou L’Esprit d’escalier, au musée du Louvre (2010).




Hélène Gheysens, étudiante en Master 2 Recherche à l'École du Louvre (Paris), mai 2016


1- François Morellet, « Préface », in Éric Rouchaud et Espace Jean-Legendre – Théâtre de Compiègne, François Morellet : les intégrations architecturales, 1971-2012, cat. exp. bilingue, Compiègne, Espace Jean-Legendre, théâtre de Compiègne, 17 novembre 2012 – 12 février 2013, Compiègne, Éditions du CACCV – Espace Jean-Legendre, 2012.
2- « Un entretien avec François Morellet », in Le Fonds national d’art contemporain à la Défense, ministère de la Culture et de la Communication, Paris, 1991, p.5
Bibliographie

Dossier d’œuvre, Centre national des arts plastiques.
Marie-Laure Bernadac, François Morellet. L’esprit d’escalier, Paris, Musée du Louvre et Éditions du Regard, 2010.
Serge Lemoine et François Morellet, François Morellet, Paris, Flammarion et CNAP, « La création contemporaine », 1996.
Serge Lemoine, Laurent Salomé et François Morellet (dir.), François Morellet, Paris, Flammarion et CNAP, 2011.
François Morellet, Alfred Pacquement, Serge Lemoine, Érik Orsenna et Centre Georges Pompidou, François Morellet. Réinstallations : l’exposition, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 2011.
Éric Rouchaud et Espace Jean-Legendre – Théâtre de Compiègne, François Morellet : les intégrations architecturales, 1971-2012, cat. exp. bilingue, Compiègne, Espace Jean-Legendre, théâtre de Compiègne, 17 novembre 2012 – 12 février 2013, Compiègne, Éditions du CACCV – Espace Jean-Legendre, 2012.
Jacinto Lageira, « Morellet François (1926-) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 5 avril 2016, http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-morellet

Œuvre

TitreLa Défonce
Naturepérenne
Typesculpture, sculpture monumentale
Matériauxmétal, peinture
Précision sur les matériauxmétal peint
Mots-clésCommande publique
Date d'inauguration1990
ProgrammeCommande publique

Site

LieuLa Défense
Adresse73 esplanade Charles-de-Gaulle
VillePuteaux
DépartementHauts-de-Seine
RégionÎle-de-France
PaysFrance
Accessibilité PMRje ne sais pas
Coordonnées48° 53′ 23″ N
2° 14′ 38″ E
Sources :

Centre national des arts plastiques (CNAP), http://commande-publique.videomuseum.fr/Navigart/index.php?db=fnaccp&qs=1

ATLAS

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