« Les Bienvenus (Louise Bourgeois) » : différence entre les versions
migrated>François mAucun résumé des modifications |
migrated>François m (François a déplacé la page Les bienvenus (Louise Bourgeois) vers Les Bienvenus (Louise Bourgeois)) |
(Aucune différence)
| |
Version du 17 juin 2014 à 16:28
Notice+
Les Bienvenus de Louise Bourgeois (1911-2010) sont une sculpture installée dans le parc de la mairie de la ville de Choisy-le-Roi, depuis 1996. Elle se présente sous la forme de deux éléments en fonte d’aluminium, l’un qualifié par l’artiste de « femelle » et l’autre de « mâle », suspendus chacun par un câble à un platane centenaire (1).
Chaque élément consiste en une forme oblongue enveloppée par une moulure
serpentine. Cette dernière se termine par un mousqueton qui permet d’accrocher le
fil. L’élément « femelle » est légèrement plus arrondi que l’élément « mâle »,
rappelant l’iconographie des Vénus primitives.
Afin de réaliser ces formes, à la fois organiques et géométriques, l’artiste s’est
inspirée des nids d’un oiseau du Sud-Est asiatique, la fauvette-couturière. Cette
espèce construit son nid en cousant de larges feuilles à l’aide de fils de soie
d’araignée ou de fils industriels dérobés dans les habitations. L’artiste avait utilisé
ce thème pour la première fois en 1963 pour sa Fée couturière, exposée en 1965
dans les jardins du musée Rodin lors du Salon de la Jeune Sculpture.
Concernant Les Bienvenus, Louise Bourgeois évoque « deux cœurs
suspendus(2) » faisant référence à un couple dont l’amour se renouvelle en
permanence. En effet, chaque élément peut légèrement tourner et se balancer sur
lui-même, présentant ainsi différents aspects aux promeneurs du parc. Avec cette
installation, elle propose une solution à la question du mouvement dans la
sculpture, qui n’est pas ici mécanique, comme dans les œuvres de Jean Tinguely,
par exemple, mais initié par le souffle du vent.
Louise Bourgeois a passé six heureuses années de son enfance (1912-1918) à
Choisy-le-Roi, où les femmes de son entourage pratiquaient déjà le ravaudage de
tapisseries. Si le fil, référence autobiographique explicite, peut parfois paraître
inquiétant lorsqu’il est associé, dans d’autres œuvres de l’artiste, à l’araignée (Spider, 1997) ou au pendu (Cellule XXVI, 2003), il est ici convoqué comme élément de constitution d’un abri, d’un lieu de protection. Il ranime la présence
bienveillante et protectrice de la mère, non sans renoncer à une certaine fragilité.
Le titre de l’œuvre témoigne de la volonté de Louise Bourgeois de créer un havre de paix pour les couples s’unissant à la mairie ainsi que pour toutes les personnes amenées à s’installer à Choisy-le-Roi, quelle que soit leur origine(3). Le thème de l’accueil est particulièrement cher à l’artiste, ayant elle-même immigré aux États-Unis à partir de 1938. Avec cette œuvre, l’histoire personnelle rejoint l’histoire collective et l’autobiographie, l’ambition politique. Deux autres œuvres de Louise Bourgeois sont exposées dans l’espace public en France : l’une est installée à la Bibliothèque nationale de France (Toi et Moi, 1996), l’autre au jardin des Tuileries (The Welcoming Hands, 1996).
Hélène Gheysens, étudiante en Master 2 Recherche à l'École du Louvre (Paris), mai 2016
1- Ce dernier a remplacé le tilleul originel à la suite de la tempête de décembre
1999.
2- Jerry Gorovoy, Marie-Laure Bernadac, Robert Storr et Louise Bourgeois, Les
Bienvenus à Choisy-le-Roi. Louise Bourgeois : chronique d’une commande
publique, Île-de-France, Drac, 1996.
3- Ibid.
Bibliographie
Dossier d’œuvre, Centre national des arts plastiques.
Jerry Gorovoy, Marie-Laure Bernadac, Robert Storr et Louise Bourgeois, Les
publique, Île-de-France, Drac, 1996.
Anonyme, « La Journée : Demain », Le Figaro, 9 avril 1996.
Annick Colonna-Cesari, « Que fait l’État de notre argent ? », L’Express, 23 mai
1996.
Henri-François Debailleux, « Commande : Louise Bourgeois », Libération, 19
avril 1996.
Marie-Anne Gairaud, « Des sculptures géantes tombent des arbres », Le
Parisien, 10 avril 1996.
Christian Grente et Chiristian Porte, « Le retour de Louise Bourgeois à Choisy-le-
Roi », N.I., 1996.
Roxanne Hodes, « La sculpture sur un arbre perché », L’Événement du jeudi, 25
avril au 1er mai 1996.
Carmelo Strano, « De la France à la France », L’Arca International, juin 1996.
Maïten Bouisset, « Bourgeois Louise - (1911-2010) », Encyclopædia Universalis [en
ligne], consulté le 5 avril 2016, http://www.universalis.fr/encyclopedie/louise-
bourgeois/
Œuvre
| Titre | Les Bienvenus |
|---|---|
| Nature | pérenne |
| Description Sculpture en deux éléments, l'un mâle et l'autre femelle, dont les formes évoquent le nid de la fauvette-couturière, tous deux sont suspendus aux branches d'un platane centenaire | |
| Type | sculpture |
| Matériaux | aluminium |
| Précision sur les matériaux | Fonte d'aluminium |
| Mots-clés | Commande publique |
| Date d'inauguration | 1996 |
| Programme | Commande publique |
Site
| Lieu | Parc de l'hôtel de Ville |
|---|---|
| Ville | Choisy-le-Roi |
| Département | Val-de-Marne |
| Région | Île-de-France |
| Pays | France |
| Accessibilité PMR | je ne sais pas |
| Coordonnées | 48° 45′ 45″ N 2° 24′ 32″ E |
Centre national des arts plastiques
Exporter cette œuvre sur Wikidata 